Conférence : Le Cinéma

LE CINÉMA

Généralités sur le cinéma par Simon LELIEVRE

écrit par Kévin ROLIN-BÉNITEZ – SRC-1

illustration cinema

Simon Lelièvre, un autre étudiant de la promotion, souhaitait nous faire part de son amour pour le cinéma. A l’intérieur de cette présentation, celui-ci nous a fait un petit historique du cinéma, avant de détailler en termes techniques ce qu’était le métier de projectionniste et comment un film était projeté en salle.

 

Dans une première partie, Simon est revenu sur un très bref — peut-être pas assez complet — rappel de l’histoire du cinéma. L’Arroseur Arrosé des Frères Lumières, réalisé en 1896 est considéré comme l’un des tout premier films. Ces films étaient bien sûr en noir et blanc, sans musique. Un orchestre jouait souvent par-dessus afin d’accompagner le récit raconté dans ces extraits qui étaient loin de durer une heure, mais plutôt une dizaine de minutes voir moins. Les gens qui assistaient aux visionnages des premier films, pensaient que certains éléments (comme un train par exemple), allait sortir de l’écran, ce qui prouve bien que même dans ses débuts, le cinéma pouvait surprendre.

L’Arroseur Arrosé des Frères Lumières

Plusieurs méthodes de projections nous ont été présentées, comme par exemple le Zoopraxiscope crée par Emile Reynaud en 1876 ou encore le Praxinoscope, deux ancêtres de projecteurs, capables de diffuser des films. Le Fusil Photographique, lui, était capable de photographier plus de 15 photos en une seconde. En 1889, John Carbutt inventa la première pellicule en nitrate de cellulose. La Lampe à Xenon, fut aussi créé lors des débuts du cinéma. Un gaz rare était contenu à l’intérieur de l’ampoule, fonctionnant avec deux électrodes, et produisant une lumière blanche. La lampe valait 1200 à 2500€ et pouvait chauffer de 200 à plus de 1000°c.

Ce matériel fut présenté en guise d’introduction aux projecteurs à bandes et aux différentes parties le composant.

  • Le Redresseur est un élément indispensable dans un système de projection. Le courant distribué par EDF étant un courant alternatif, celui-ci sert dans l’appareil à transformer le courant en courant continu, à la manière d’un transformateur.
illustration redresseur

Illustration d’un Redresseur

 

  • Le Chrono est composé de trois tambours, deux fonctionnant à vitesse constante (tambour du « haut » et tambour du « bas »), ainsi que d’un troisième tambour appelé la croix de malte.
Illustration d'un Chrono (3 Plateaux) de Projecteur

Illustration d’un Chrono (3 Plateaux) de Projecteur

 

  • L’Obturateur est une fenêtre s’ouvrant deux fois par image, soit 48 fois par seconde. Il s’agit d’un élément dans le projecteur servant à éviter un effet dit de « scintillement » c’est-à-dire, une lumière vive appliquée par-dessus une image que l’on souhaite diffusée.

 

Illustration d'un Obturateur pour un Projecteur 35 mm

Illustration d’un Obturateur pour un Projecteur 35 mm

 

  • Les Objectifs ont été passés en revue rapidement. Il en existe plusieurs qui sont le panoramique, le format large dit Scope et le format réduit dit le Pano. Le panoramique est une technique permettant d’élargir l’image à l’écran. L’objectif panoramique utilise une technologie différente de celle du scope, qui agrandit l’image, en utilisant une compression de la taille de l’image. Simon a rajouté que le scope et le panoramique étaient les deux objectifs les plus populaires.

 

Illustration d'un Objectif de Projecteur

Illustration d’un Objectif de Projecteur

 

  • La Bobine de Pellicule est composée de deux rangées recouvertes de crans, afin de défiler à travers la croix de malte. La bande bleue la pellicule correspond au son. Une bobine coûte en moyenne 1500€. Un film diffusé en salle est à la base composé de plusieurs bobines, qui sont rassemblés grâce à une colleuse. Il existe différents formats de pellicule de 16, 35 ou 70 mn (le format 35 étant le plus répandu). Au début des années 1950, la couche de polyester sur ces pellicules étaient de la nitrocellulose explosive, toxique et inflammable. Le matériel présent en salle et permettant de diffuser des films était donc très dangereux.
Illustration d'une Bobine de Pellicule

Illustration d’une Bobine de Pellicule

 

Après cette présentation sur les différents éléments composant un projecteur classique, Simon a tenu à nous montrer un plateau venant d’un grand cinéma à Nantes qui a fermé, l’Apollo. Evoqué rapidement, le doremi est une technologie permettant d’amplifier le son et de renvoyer le son vers les enceintes.

A présent, dans nos salles de cinéma, la plupart des projecteurs ont été remplacés par des projecteurs numériques. La puce DLP, inventé en 1987 par Larry Hornbeck, permettait la diffusion de vidéos, intégrant plus de deux millions de micro-miroirs. Chaque puce DLP est dédiée à une couleur primaire, et un projecteur en possède donc trois (Rouge, Vert, Bleu). Ce sont des serveurs qui gèrent la diffusion de publicité, de son et d’électricité dans le cinéma. L’objectif, est à présent motorisé sur les projecteurs numériques. Les projecteurs numériques ont été lancés en 2005, provoquant le licenciement de 45 à 65% de projectionnistes. Pour ceux toujours en activité, leur salaire a été revu pour la plupart à la baisse, d’environ 400€. Ancien projectionniste, Simon nous a fait part de son mécontentement sachant que la plupart des personnes faisant ce métier se sont retrouvées à faire d’autres activités dans le cinéma, comme occuper des guichets ou s’occuper de la vente de boissons. Aujourd’hui en 2013, les films ont tous été numérisés. Cela présente des avantages en termes de coûts car un film ne coûte qu’une centaine d’euros à être numérisé, contrairement par bande (plusieurs milliers, comme indiqué plus haut). Les films sont aujourd’hui envoyés par disque dur. La taille d’un film varie entre 100 à 300Go et sont diffusés généralement dans un format 2K. Les inconvénients du numérique sont le coût du projecteur (120 000€) et le fait que contrairement aux anciens projecteurs, des bugs arrivent assez souvent, pouvant amener à l’annulation d’une séance de cinéma.

 

Illustration Projecteur Numérique

La quasi totalité des salles de cinéma sont aujourd’hui équipées de projecteurs numériques

 

Dans la dernière partie de sa conférence, Simon a évoqué en quelques mots la 3D au cinéma, en parlant du film Avatar et de la technologie stéréoscopique qu’il a mis en place. Pour avoir une impression de relief, le film a été filmé grâce à deux objectifs filmant des séquences identiques, mais avec un léger décalage. Nos yeux s’adaptant mal à ce décalage, ces images une fois « réunies » grâce à notre cerveau, provoque un effet de 3D. Il existe plusieurs types de lunettes : les lunettes actives, donnant des informations aux filtres des lunettes par bluetooth grâce à la technologie Xpend, les lunettes passives à usage unique, et donc polluantes, mais aussi les lunettes anaglyphes proposant deux verres de couleurs différentes et d’une qualité passable.

illustration lunette 3d

Un exemple de lunette 3d active

 

Des formations à Bordeaux existent pour devenir projectionniste dans une salle de cinéma mais elles se font de plus en plus rares. Elles se font sur un an de CAP, et permettent d’acquérir des connaissances à la fois sur le plan théorique et technique.

 

L’expérience de Simon dans le domaine du cinéma a permis de rendre cette conférence intéressante, menée par quelqu’un d’impliquer dans ce qu’il voulait nous transmettre. La plupart des informations, notamment technique, étaient inconnues de nous tous, ce qui est positif pour cette conférence. La partie technique des éléments et leur fonctionnement était peut-être un peu trop flou, mais le tout était vraiment instructif.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *