Le masque est un accessoire que l’on retrouve dans toutes les civilisations du monde. De l’Europe à la Chine en passant par l’Afrique, ce sont tous les continents qui sont concernés par cet objet. Qu’il soit divertissant ou utilisé comme un outil pour l’acteur, le masque peut être le symbole d’une identité via personnification de son esprit, en prenant par exemple le rôle d’une divinité. Le masque permet de façonner un avatar, et de créer un autre personnage pouvant se substituer à soi-même. En français, l’expression figurée « ce qui se cache derrière le masque » le montre bien, et indique qu’une autre individualité peut être trouvée derrière l’apparence. Aborder la question des masques, c’est se demander à la fois ce qui relève de l’ésotérique et de l’esthétisme, du mystique que peut représenter ces objets, à ses qualités artistiques et à la manière dont ils sont portés et de comprendre en quelles occasions et pourquoi.

Le masque trouve sa consécration au Japon à travers le nô au cours du XIVe siècle. Théâtre dramatique codé par les éminents Kan.ami et Zeami, il se distingue de par la complexité de ses mouvements et ses gestes minutieux, et offre au spectateur un moment unique grâce à la beauté de la mise en scène, des costumes et de ses masques. On pourrait alors penser que le masque est un simple accessoire, permettant à l’acteur de jouer un double jeu entre son personnage et sa réelle personnalité, mais au Japon, il en est autrement. Des origines du masque jusqu’à son usage dans le théâtre en passant par sa fabrication,ce dossier essaye d’expliquer leur émergence mais aussi leur présence en Europe, à travers leurs différentes formes et fonctionnalités.